Il y a urgence
La population mondiale passera de 8 Milliards en 2022 à 10 Milliards en 2050.
Le jour de dépassement de la Terre (Earth Overshoot Day) est la date de l’année à partir de laquelle l’humanité est supposée avoir consommé l’ensemble des ressources que la planète est capable de produire en un an pour régénérer les consommations ou absorber les déchets produits, dont le CO2.
Son évolution est sidérante : il est passé du 25 décembre en 1971 au 28 juillet en 2022.
Si rien ne change, nous aurons besoin de 3 planètes en 2050.
Dans ce contexte, le secteur du bâtiment et des travaux publics (BTP) en 2022 est responsable à lui seul de plus du tiers des émissions de gaz à effet de serre (GES) au plan mondial, dont plus de la moitié issue des matériaux de construction.
Les acteurs du BTP ont désormais la responsabilité d’agir alignés, sur leur stratégie et leurs Scopes.
Les Maîtres d’ouvrage et leurs AMO doivent promouvoir :
- Des programmes et des achats performanciels et éthiques
- Des référentiels de type HQE (Haute Qualité environnementale) et « Life Levels » (Analyse de cycle de vie des bâtiments, qualité de l’air intérieur, coût global)
- Des politiques patrimoniales engagées et vertueuses
- Une dynamique d’éco rénovation et d’éco constructions
Les Maîtres d’œuvre, concepteurs, et prestataires de service doivent développer systématiquement :
- L’éco-conception, basée sur des solutions durables et éthiques
- L’adéquation HQE, ou autre référentiel environnemental, et Life Levels (ACV, QAI) avec les programmes qui leurs sont confiés
- L’adéquation coût global | délais | qualité | sécurité des projets qu’ils conçoivent avec les programmes qui leur sont confiés
Les entreprises du BTP et les entreprises d’entretien et maintenance doivent proposer :
- Une gestion éco-responsable du choix de leurs fournisseurs, de leurs matériaux et leurs mise en œuvre
- Une démarche systématique de réduction des impacts environnementaux liés aux chantiers et aux déchets
- Une gestion toujours plus responsable des chantiers, au-delà de l’environnement, sur les plans humains et sécurité en particulier
Les industriels du secteur de la construction doivent systématiser :
- L’éco-innovation, la performance et la durabilité, mais aussi le plus faible impact environnemental des matériaux et des solutions techniques qu’ils produisent
- A des coûts maîtrisés
- Selon une analyse de cycle de vie (ACV) de leurs produits « du berceau à la tombe »
- Avec des fiches de données environnementales et sanitaires (FDES) optimales pour chaque matériau, publiées auprès de l’INIES (Base de référence des déclarations environnementales et sanitaires des produits, équipements et services pour l’évaluation de la performance des ouvrages)
- Dans une véritable transparence et des engagements durables et éthiques
Petit rappel relatif aux Scopes
On appelle « Scopes » les périmètres de classement des sources d’émissions lors de la réalisation d’un bilan carbone. Ils sont classés en trois catégories, dont l’ADEME donne la définition suivante :
- Scope 1, périmètre le plus restreint : les émissions directes de GES de l’organisme
- Scope 2, le périmètre directement connexe au précédent : les émissions indirectes (associées majoritairement aux énergie importées, notamment l’électricité)
- Scope 3, le périmètre le plus large : tout le reste (achats autres, transports, etc.)
Bonne nouvelle, tous ces acteurs sont de plus engagés dans la voie de l’écoresponsabilité et de la RSE. Ils en font des leviers de progrès, tout simplement par prise de conscience mais aussi sous l’impulsion des politiques publiques et des nouvelles réglementations environnementales.
Les AMO & Programmistes font face à l’urgence climatique et environnementale, aux côtés des maîtres d’ouvrage, avec l’ensemble des acteurs des filières du BTP. Dès le début de la chaine opérationnelle, il doivent désormais travailler en approche globale.
Pour atténuer le changement climatique et diminuer l’empreinte environnementale des opérations immobilières et d’aménagement, il est crucial d’actionner simultanément les deux leviers propres au bâtiment : la rénovation énergétique de l’existant et l’écoconstruction d’une offre nouvelle, durable et vertueuse.


