A l’heure des défis environnementaux, sociétaux et financiers, de l’inflation normative et réglementaire qui s’appliquent au secteur du BTP (et bien au-delà), la responsabilité des AMO & Programmistes, et précisément celle de GRANYTO, est de proposer d’emblée aux maîtres d’ouvrages une approche d’ingénierie globale, au-delà d’une seule approche en coût global, elle-même prônée de longue date par notre profession et en particulier par les économistes de la construction.
Dans la droite ligne du projet européen Life Level(s) (voir notre article de Blog « Le projet européen Life Level(s) »), l’approche globale prônée par GRANYTO est multidimensionnelle.
Il s’agit d’emblée, dès les études préalables, d’analyser en profondeur les besoins du maître d’ouvrage et de les traduire en une vision globale sous forme de matrice multicritères pour envisager la meilleure ingénierie d’opération ou de mission.
En matière d’analyse des besoins du Maitre d’ouvrage, au début de toute étude d’opportunité, nous utilisons souvent la métaphore de l’Iceberg : au départ, le Maître d’ouvrage n’oralise ou ne visualise généralement que la partie « émergée » de ses besoins, de ses objectifs, en matière de bâti, d’aménagement, de budget, de planning, mais aussi de montage. Ainsi le premier devoir de l’AMO Programmiste est d’explorer, avec lui, toute la partie « immergée » qui conduira à une vision plus globale, plus pertinente et plus fiable, parfois différente de la vision première.
L’approche en ingéniérie globale ne fige pas les choix et les solutions, qui peuvent utilement évoluer et être améliorés tout au long des études préalables, mais elle permet de donner un cap et un cadre, et de sécuriser les décisions et les choix d’investissement.
Notre questionnement fondant une approche d’ingénierie globale
- Quel est le potentiel de site (terrain, immeuble, environnement, forces et faiblesses) ?
- Quel est le montage juridique et opérationnel optimal pour réaliser l’opération, depuis les études préalables jusqu’à la mise en service des ouvrages (qui investit et porte, qui loue, qui maîtrise quoi, quels marchés et quelles procédures performantes) ?
- Quels sont les principaux risques d’emblée identifiables sur le long terme, tant d’ordre juridique, technique que financier, et qui s’imposeront au donneur d’ordre ?
- Quelles solutions raisonnées pour la maîtrise de l’impact environnemental du projet ?
- Quels acteurs et partenaires seront impliqués sur le long terme et devront être fédérés ?
- Quelle planification et quel séquencement optimaux pour l’opération ?
- Quels coûts prévisionnels « du berceau à la tombe » (Capex et Opex) pour faire d’emblée les bons choix programmatiques : foncier, diagnostics, études, travaux, exploitation et fonctionnement (dont énergie), maintenance préventive et curative, autres externalités (si pertinentes dans l’analyse) ?
- Quel bilan d’exploitation prévisionnel et raisonné ?
- Quelles sources efficaces de financements de l’investissement puis du fonctionnement ?
En zoomant sur la seule approche en « cout global », on listera dans un spectre large :
- Les coûts d’investissements : ensemble des diagnostics et des études, foncier, travaux, équipements, taxes, commercialisation, communication
- Les coûts d’exploitation, de maintenance, d’entretien et de réparations, puis de renouvellement
- Les coûts de démolition et de remise en état du site
- Les autres externalités induisant des coûts (si pertinent)
Et selon les enjeux opérationnels, on pourra filtrer et distinguer :
- Le coût global élémentaire (CGE) : études, travaux, exploitation, maintenance, renouvellement, coût de fin de vie
- Le coût global direct (CGD, le plus utilisé en pratique) : CGE + charge foncière + valeur résiduelle
- Le coût global étendu (ISO) : CGD + coûts de gestion immobilière + image + qualité usage + externalités environnementales
Les principaux documents de cadrage du « coût global » sont les suivants :
- L’Ordonnance 2015-899 du 23 juillet 2015 (notamment son article 38 : Cycle de vie d’un bâtiment)
- Son décret d’application 2016-360 du 25 mars 2016 (notamment son article 63 : coût du cycle de vie, importance de la passation des marchés et des critères de jugement des offres)
- La Directive européenne du 19 mai 2010 sur la performance énergétique des bâtiments
- La norme ISO 15686-5
Dans tous les cas, le prisme « coût global » est désormais indispensable, notamment pour une commande publique vertueuse et responsable.
Et au-delà, l’approche en ingéniérie globale est indissociable du montage d’opération en contrats globaux (conception réalisation, CREM, contrats de partenariat, etc.).
Recommandation d’un excellent ouvrage sur le sujet :
« Mener un projet de construction ou d’aménagement en coût global » (2ème édition, Catherine Charlot-Valdieu et Philippe Outrequin, éditions Le Moniteur)



